L’intelligence artificielle au service des médecins…

Les progrès de la médecine s’accompagnent d’une augmentation du nombre de patients qui inondent les cabinets médicaux et les structures hospitalières. Un contexte difficile que l’IA pourrait bien soulager. À de nombreux égards, les initiatives proposées par les géants de la tech devraient en effet améliorer le quotidien des médecins. Ces derniers doivent aujourd’hui rester au fait des actualités du métier — nouveaux médicaments, études cliniques, régulations… — tout en gardant à l’esprit les particularités de leurs patients. Une quantité d’informations de plus en plus difficile à ingérer pour un être humain seul.

Pour les acteurs technologiques, la médecine entre à ce titre dans une ère cognitive où ils ont un rôle à jouer. Leurs nouvelles solutions d’intelligence artificielle interviennent dans de nombreux domaines. Météo, transports, éducation… mais aussi santé. Leurs capacités analytiques leur permettent de collecter les données relatives au patient (antécédents, allergies, état de santé), et de les mettre en perspective avec les informations provenant d’études ou de revues médicales afin de proposer au praticien un diagnostic personnalisé. Elles sont également capables de suggérer un traitement adapté et de se renseigner sur la toxicité et les effets secondaires de chaque médicament.

Demain, les champs d’intervention de ce type de solutions seront multiples : en radiologie, elles seront capables de détecter des anomalies imperceptibles à l’œil humain ; en cancérologie, elles pourront faire avancer les solutions de dépistage… et cela en temps réel sans attendre l’apparition d’effets secondaires.

… et des patients

Les prouesses de l’IA touchent également le domaine, sensible aujourd’hui, de l’automédication. Google a annoncé qu’1 % des requêtes effectuées sur son moteur de recherche touchaient à la santé. Dans la masse d’informations disponibles sur Internet, il n’est pas toujours facile de faire le tri ; Google a ainsi décidé de mettre à profit son expertise en machine learning (mise en place d’algorithmes qui analysent les données en vue d’obtenir une analyse prédictive). Uniquement disponible en anglais et aux États-Unis pour le moment, la solution suggère une liste de maladies pouvant causer les symptômes recherchés, leur description, des options d’automédication sans ordonnance ainsi que les situations dans lesquelles il est conseillé de se rendre chez le médecin.

Une tendance qui s’inscrit dans le prolongement des applications de quantified self qui affluent sur smartphones et tablettes et qui permettent aux utilisateurs de mesurer leurs données, de les analyser et de les partager.

Risques et dérives

Mais l’analyse des données, aussi prometteuse soit-elle, reste imparfaite. Par exemple, les résultats de Google Flu Trends, outil destiné à évaluer en temps réel l’évolution d’une épidémie sur la base des recherches des internautes et de leur localisation, sont loin d’être concluants. L’outil avait en effet sous-estimé l’épidémie de grippe aviaire en 2009, et surestimé la grippe saisonnière de 2012-2013 aux États-Unis de plus de 50 %.

Bien entendu, l’utilisation de ces nouvelles technologies doit se faire en toute confiance pour le corps médical et pour le patient. Le besoin de sécurisation des données est une exigence absolue et doit être concilié avec le respect de la vie privée des patients.

Demain, quel rôle pour les médecins ?

L’IA n’a donc pas vocation à remplacer le corps médical, mais plutôt à l’épauler. Dans la mesure où les professionnels pourront s’appuyer sur les connaissances approfondies de ces systèmes, ils pourront se concentrer davantage sur leur rôle d’écoute et d’accompagnement du patient. Ils devront s’adapter à un nouvel environnement de travail : si l’ordinateur ne prendra jamais de décisions seul, il saura conseiller dans l’approche du diagnostic et du traitement.

 

Si nous ne sommes aujourd’hui qu’aux balbutiements de l’IA, les initiatives en place et à venir promettent une évolution tangible de la médecine. En s’adaptant aux besoins des patients et aux difficultés rencontrées par les médecins, les nouvelles technologies pourraient bien révolutionner le système de santé.