La voiture connectée ouvre la voie à la voiture autonome, qui accapare aujourd’hui l’attention médiatique. Comme le rappelle Philippe De Oliveira, Automotive Business Line Director au sein de l’activité Connected Device Makers chez OT :

« L’histoire de la voiture connectée date de 20 ans : au départ, il s’agissait uniquement de communications purement vocales, il ne s’agissait pas encore de la voiture connectée telle que nous la définissons aujourd’hui. Les voitures connectées sont désormais capables d’envoyer automatiquement des données aux constructeurs automobiles, mais également d’en recevoir de ces derniers via les réseaux des opérateurs mobiles. Demain, les voitures autonomes devront pouvoir communiquer en temps réel avec leur environnement, qu’il s’agisse des autres véhicules ou des infrastructures routières, et réagir aux informations reçues.»

La connectivité dans les véhicules réinvente l’expérience du conducteur et des passagers : appels d’urgence, maintenance préventive, mise à jour de cartes routières, Internet à bord… Autant d’évolutions qui transforment profondément la relation entre le constructeur automobile et les utilisateurs de ses véhicules, tout au long de la vie du véhicule. La voiture connectée leur permet en effet de mieux connaître les utilisateurs, leurs habitudes de conduite, leurs attentes sur les services à bord, mais aussi d’anticiper leurs besoins. Le télédiagnostic leur permet ainsi de prévenir un dommage en amont, ou d’intervenir rapidement si une panne survient. Ils peuvent également récupérer des informations précieuses pour l’amélioration de leurs véhicules, en étudiant le suivi de la consommation, l’usure dans le temps des différents composants, etc. Le Big Data et cette relation plus étroite avec les utilisateurs sont aussi l’occasion pour les constructeurs de leur proposer de nouveaux services, et donc de générer de nouvelles sources de revenus.

 

Sécurité de la connectivité et sûreté des usagers, premiers enjeux

Pour les utilisateurs, la connectivité du véhicule est d’abord synonyme d’une sécurité renforcée. En cas d’incident, le conducteur peut effectuer un appel manuellement en pressant un bouton sur le tableau de bord pour obtenir une assistance. Mais le véhicule est, lui aussi, à même de déclencher automatiquement un appel d’urgence pour alerter les secours en cas de détection d’accident. Dans les deux cas, le système télématique du véhicule, équipé d’une carte SIM spécifique et d’une puce GPS, va envoyer immédiatement les informations relatives à l’emplacement du véhicule, son identification, et, le cas échéant, à la nature de l’accident, pour faciliter l’intervention des services de secours.

 

« Pour les services liés à la sécurité des passagers comme les appels d’urgence, et de manière générale dès qu’il est question de connectivité dans l’industrie automobile, fiabilité, sécurité et flexibilité dans le temps sont les trois mots d’ordre. Partenaire de Daimler AG, OT va permettre au constructeur de gérer à distance les souscriptions mobiles de ses véhicules Mercedes-Benz,  en commençant par la nouvelle Mercedes-Benz E-class dès mars 2016. Grâce à la DIM® DAKOTA AUTO, la carte SIM embarquée par OT dans les véhicules de Daimler AG, et à la solution M-Connect d’OT, la gestion de la connectivité pourra s’effectuer en toute transparence pour l’utilisateur, tout en offrant le niveau de confiance et de sécurité requis par les opérateurs mobiles pour la gestion de leurs profils », précise Philippe De Oliveira.

Des services toujours à jour, et des usagers toujours plus connectés

Au-delà des services d’urgence, la connectivité permet également de développer dans le véhicule des services autour de l’infotainment, relevant non plus de la sécurité des usagers, mais de l’amélioration de l’expérience consommateur. Ces services permettent par exemple aux conducteurs de bénéficier d’une cartographie mise à jour, d’informations sur l’état du trafic en temps réel, etc. C’est là un autre enjeu de la voiture connectée : offrir aux utilisateurs une grande variété de services, mais aussi, et surtout, les maintenir à jour de façon automatique et en temps réel. Finie donc la corvée de mise à jour manuelle de la carte routière pour la navigation par le biais d’une carte mémoire. Le client dispose désormais de l’offre la plus à jour possible, directement depuis son tableau de bord, pour une expérience utilisateur conforme aux usages des produits informatiques grand public tels que les smartphones.

 

Quant aux compatibilités, de plus en plus répandues, avec des services tels que Android Auto, Apple Car, ou aux propres offres des constructeurs, elles permettent au conducteur de retrouver ses applications mobiles et les contenus multimédias de son smartphone directement sur le tableau de bord de sa voiture. Le contrôle des fonctionnalités et les écrans tactiles des véhicules étant réfléchis pour un usage fluide et confortable sur la route, l’expérience utilisateur est dès lors optimale.

 

Enfin, le fait d’embarquer une connectivité réseau telle que la 3G ou la 4G dans un véhicule permet aux constructeurs automobiles de proposer, à bord, un service Internet sans fil à tous les passagers du véhicule. Celui-ci devient un hot-spot Wi-Fi roulant, dont toutes les personnes à bord peuvent profiter, en bénéficiant d’une qualité de réception bien meilleure que celle offerte par un smartphone, grâce à la puissance de l’antenne de la voiture.

 

Des challenges sécuritaires multiples

Si la voiture connectée offre des perspectives très intéressantes aux constructeurs, elle leur dicte aussi une vigilance accrue sur le plan de la sécurité, à différents niveaux. La connectivité étant gérée comme un composant à part entière du véhicule, le constructeur automobile est responsable de celle-ci pendant tout le cycle de vie de la voiture. C’est son image qui sera engagée si la voiture est hackée.

 

Un véhicule est un système complexe, comportant une quantité de plus en plus importante d’ordinateurs embarqués. C’est tout un réseau de systèmes connectés internes qu’il faut protéger des risques de hacking, individuellement, mais aussi dans leur globalité. Il faut à la fois prévenir les intrusions dans ce système, via des commandes externes rendues possibles grâce à la connectivité, mais aussi toute faille sécuritaire interne, liée au remplacement physique d’un système embarqué par un système pirate…

D’après Philippe De Oliveira, « Chez OT, nous pensons que pour être efficaces, les systèmes de sécurité doivent être embarqués au sein même des objets connectés et des équipements, c’est ce que nous appelons la « security by design ». À l’élément embarqué, nous venons connecter des solutions logicielles pour assurer la sécurité de bout en bout entre les véhicules et le système des constructeurs et de leurs partenaires. ».

 

C’est là le rôle d’une société comme OT : permettre aux constructeurs d’intégrer  la sécurité comme un « composant » dès la conception même de la voiture et de ses différents éléments, mais aussi offrir les solutions pour maintenir à jour les logiciels de façon sécurisée, tout au long de la vie des véhicules, dans le respect des normes qualité automobiles. Ces solutions permettent de vérifier l’identité de l’émetteur des données, crypter les données pour en protéger l’intégrité, et sécuriser l’installation d’applications par le constructeur ou par des partenaires tiers.

« OT est un industriel de la sécurité. Nous mettons à profit sur le marché automobile nos longues années d’expérience dans les solutions de sécurité de bout-en-bout développées pour d’autres marchés. Nous travaillons étroitement avec les constructeurs automobiles, les intégrateurs, les fournisseurs de logiciels et les opérateurs mobiles pour répondre à cet enjeu majeur et permettre aux constructeurs d’offrir de nouveaux services en toute sécurité », affirme Philippe De Oliveira.

Toujours plus de services

Les évolutions du marché automobile s’accélèrent. L’éclosion de l’autopartage montre bien que la voiture n’est plus seulement perçue comme un bien mais comme un service. Et cette évolution des usages pourra même se généraliser aux véhicules des particuliers : en dématérialisant la clé de son véhicule, chacun pourra fournir une clé numérique à ses proches, sur leurs smartphones ou leurs montres connectées, afin que ces derniers puissent y accéder en toute sécurité. Les éléments sécurisés, intégrés directement dans le design de la voiture, ont vocation à protéger non seulement les données échangées entre les véhicules et le Cloud du constructeur, mais aussi ces communications à courte distance entre les véhicules et d’autres objets connectés.

Les véhicules connectés de demain intégreront aussi toujours plus de services, la voiture devenant tour à tour une interface marchande (proposant des services comme des mises à jour du système de navigation, la location de contenus vidéos pour les passagers, le paiement de carburant depuis son tableau de bord, etc.), ou le moyen de paiement lui-même (pour le règlement automatique du parking, du péage, etc.).

« Si aujourd’hui je peux payer mon café avec mon mobile, demain je dois pouvoir payer mon essence avec ma voiture ! » rajoute Philippe De Oliveira.

Dans le domaine du paiement en mobilité, OT possède également toutes les briques technologiques pour rendre possibles ces services dans les automobiles de demain.

Et bientôt des voitures autonomes…

L’évolution ultime de la voiture connectée sera la voiture autonome. Cette dernière n’a rien d’une utopie dans la mesure où de nombreuses sociétés telles que Google, Mercedes, BMW, Audi ou encore Uber procèdent à des tests d’envergure. Pour y parvenir, il faudra que la voiture soit parfaitement connectée, plus seulement au Cloud du constructeur, mais à tout son environnement pour en récupérer des informations sécurisées en temps réel. C’est à cette seule condition, que nous pourrons demain voyager à bord de véhicules sans chauffeur !

Les véhicules de demain intègreront des nouveaux types de communication V2X (V2V pour Vehicle to Vehicle et V2I pour Vehicle to Infrastrusture) permettant de façon automatique aux véhicules d’échanger des données directement entre eux (alerte en amont en cas de ralentissement), mais également avec les éléments d’infrastructure avoisinants (panneau signalétique, feu rouge, lampadaire…). Des systèmes visant à rendre les routes intelligentes qui viendront compléter, de façon indispensable, les informations préenregistrées comme la cartographie, ou récupérées localement par les capteurs du véhicule. Les voitures autonomes, et ces nouvelles communications, demandent encore un niveau de vigilance accru sur la sécurité des données échangées, car celles-ci pourront avoir un impact direct sur la sécurité des passagers. Des hackers ont déjà démontré pouvoir pirater des panneaux signalétiques. Si les véhicules autonomes ne sont pas protégés contre des informations malveillantes qu’ils pourraient leur envoyer par ce biais, les usagers seront à leur merci, et le trafic de villes entières pourraient être paralysé.