Le propre d’un livre numérique, traduction de e-book en anglais, est d’être disponible sous forme de fichier qui peut être lu soit sur un écran, soit sur une plage braille1 , soit sous forme audio. Il peut donc être lu sur un ordinateur, une tablette ou encore sur un smartphone, mais aussi sur une liseuse, un appareil spécialement conçu pour la lecture de livres numériques. Curieusement, l’histoire du livre numérique commence avant le développement d’Internet, avec la création du projet Gutenberg par Michael Hart en juillet 1971, dont l’objectif était de numériser des œuvres du domaine public et de les distribuer sous format numérique. En 1990, avec l’avènement du web et le développement des offres d’accès à Internet pour le grand public, le livre numérique fait progressivement place à de nouvelles habitudes de lecture.

L’écosystème du livre numérique concerne à la fois les entreprises qui numérisent les livres, comme Google par exemple, et celles qui offrent des terminaux adaptés à leur lecture, comme le Kindle d’Amazon. Les bibliothèques numériques en proposent l’accès et peuvent être commerciales comme Eden livres, Cyberlibris, Google Livres, ou participer à la diffusion et la démocratisation de l’accès à la connaissance, comme la Bibliothèque nationale de France, The World Public Library fondée en 1996, ou encore Europeana, la bibliothèque numérique européenne lancée en novembre 2008 par la Commission européenne.

Parce que le propre du livre numérique consiste à séparer le contenu du contenant, il porte en lui cet objectif universel de pouvoir être diffusé bien plus largement qu’en version imprimée. Mais cette démocratisation de l’accès à la connaissance et au savoir ne va pas sans bouleverser une industrie séculaire.

Selon une étude menée par le cabinet Nielsen, la part de marché du livre numérique s’établissait en 2015 à 24 % des ventes totales de livres aux États-Unis, à 16 % au Royaume-Uni, 10 % en Espagne, 8,2 % en Allemagne et 6,5 % en France. Ces deux premiers pays, les États-Unis et le Royaume-Uni, représentent à eux seuls 24,5 % du marché du livre numérique d’après le Global eBook Report 2016. Mais si le marché a cru très fortement aux États-Unis depuis 2010, il semblerait qu’un premier pallier soit actuellement atteint, sauf chez les auteurs indépendants et les petites maisons d’édition. Concernant le piratage, le livre numérique est pour le moment le type de bien culturel le moins piraté. En Angleterre par exemple, seulement 6 % des utilisateurs se livreraient au piratage de livre numérique2, la plupart du temps parce que le titre est indisponible à travers une offre légale.

LA PART DE MARCHÉ DU LIVRE NUMÉRIQUE AUX ÉTATS-UNIS EN 2015 EST DE 24%

À l’heure actuelle, le marché mondial du livre numérique est loin d’avoir enterré le livre imprimé et confirme des usages mixtes : la version numérique sera préférée pour sa facilité de stockage et de rangement, sa facilité de transport et de mobilité, alors que le livre imprimé le sera pour sa capacité à être offert ou partagé, et surtout pour le plaisir et le confort de lecture qu’offre la version papier.

 

Les Œuvres complètes d’Honoré de Balzac, Tome 1, édition de 1869

Le Bourgeois gentilhomme de Molière, édition originale, réimpression de 1874

 

1 Un dispositif électro-mécanique utilisé par les aveugles pour afficher en temps réel des caractères braille, le plus souvent issus d’un ordinateur.

2 Online Copyright Infringement Tracker Wave 5 (Période concernée 15 mars – 15 mai 2015 ). Aperçu et principales conclusions : https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/549486/OCI-Tracker-2015.pdf#page=7