Les papiers d’identité ont suivi en près d’un siècle plusieurs révolutions. Différentes techniques d’impression et de façonnage (hologrammes, etc.) ont déjà permis de complexifier leur falsification. Aujourd’hui, l’heure est à la biométrie et à la numérisation des données et des supports. L’intégration de puces (dans un passeport ou une carte) permet de sécuriser toutes les données personnelles nécessaires à l’authentification : état civil et données biométriques digitalisées (empreinte digitale, de l’iris, de la voix, du visage, etc.).  

Des données biométriques pour un tiers de l’humanité

Dans ce domaine, l’Asie est à la pointe. En Inde, le projet Aadhaar (reconnaissance de l’iris et de l’empreinte digitale) permettra à 1 milliard de citoyens d’accéder de façon sécurisée à des services administratifs en ligne, d’assurance, de banque ou de télécom. En Chine, le projet eID a mis en circulation plus de 1,2 milliard de cartes d’identité permettant d’authentifier les citoyens via des données biométriques (reconnaissance faciale).

Au total, près d’un tiers de l’humanité peut être authentifiée grâce à leurs données biométriques, propres à chacun. Et d’ici 2018, ce seront 3,5 milliards de cartes d’identité électroniques qui seront en circulation dans le monde.  

Si le développement des solutions biométriques ne passe pas seulement par les états et les autorités administratives, il sera également le fait des grands industriels des télécoms et du Web. 40% de la population mondiale est en effet aujourd’hui connectée au Web, soit autant d’identités à vérifier lorsqu’elles se connectent pour gérer leur vie digitale : citoyenneté, vote, services bancaires, achats en ligne, etc. Pour les fabricants de smartphones et les fournisseurs de service en ligne, l’authentification des clients est plus que jamais un enjeu majeur.  

Tous connectés, tous identifiés ?

Le contrôle d’identité est donc aujourd’hui autant physique que numérique ; et logiquement, les supports de l’identité évoluent. Avec l’apparition de smartphones dotés de capteurs d’empreinte digitale, la grande tendance est à la dématérialisation : les informations écrites sur le papier sont contenues dans une puce ou dans le Cloud. A terme, on peut imaginer les consommateurs s’authentifier et payer en ligne ou dans un magasin simplement en posant leur doigt sur un lecteur de carte. Si la tendance se poursuit, sera-t-elle synonyme de disparition de la carte d’identité ou du passeport ?  

Pour Christophe Fontaine, Managing Director de la Business Unit Identité chez OT, les supports physiques que sont les cartes et les passeports ont encore de beaux jours devant eux.

« L’arrivée des fonctionnalités biométriques chez Apple ou Samsung est révélatrice de la révolution biométrique en cours. L’enjeu est de savoir comment les états vont inclure la dématérialisation, notamment pour offrir aux citoyens l’accès à des services en ligne de manière sécurisée, en utilisant des données biométriques. Pour autant, les supports d’identité physiques ne vont pas disparaître. D’abord, ils ne sont pas incompatibles avec la biométrie, comme le sont déjà les passeports électroniques, qui intègrent une puce contenant les données biométriques numérisées. Et il est plus facile de transporter un passeport ou une carte d’identité qu’un Smartphone, qui peut être déchargé, être cassé ou tomber en panne. C’est ensuite une question de fierté pour les pays et leurs citoyens, que d’imprimer son propre passeport, car cela fait partie des symboles d’appartenance à une nation. Et enfin, ces documents restent et resteront nécessaires pour tous les contrôles aux frontières. Ils constituent pour les autorités une meilleure garantie de sécurité : il est plus facile de hacker un Smartphone qu’un document papier physique ! »