Gigantesques, les nouveaux aéroports du XXIème siècle le sont tellement qu’un nouveau mot a été inventé, celui « d’aérotropolis ». L’idée entourant ce conc­ept est donc la suivante : avec l’explosion du trafic aérien, de voyageurs et de marchandises, les aéroports, au lieu de s’installer en périphérie urbaine, deviennent progressivement le point d’attraction de nouveaux lieux de vie, de travail et de loisirs. Des aéroports si grands, qui génèrent ou généreront une activité telle, qu’ils deviennent une ville à part entière.

On considère que l’aéroport de Singapour et ses 659 100 m2 de terminal est à l’heure actuelle ce qui s’approche le plus de ce concept. Pour le futur Dubaï World Central, plus grand aéroport du monde, les promoteurs tablent sur une ville nouvelle de 750 000 personnes, comportant commerces et quartiers résidentiels. Côté trafic, ce ne sont pas moins de 120 millions de passagers par an qui y sont attendus. 

L’objectif de ces projets souvent pharaoniques est de faire de l’aéroport une part intrinsèque de l’expérience « vacances ». L’aéroport Changi à Singapour dispose ainsi d’un jardin vertical sur cinq étages, de cascades, de quatre cinémas et d’une piscine, faisant ainsi de l’escale un nouveau moment de détente. L’aéroport de demain favorisera également le développement des affaires. Le futur « Dubai World Central » est situé à proximité d’une zone franche à la fiscalité allégée afin d’attirer de nouvelles entreprises. 

Plus de services pour plus de fluidité

Le progrès technologique aidant, les concepteurs de ces futurs gigantesques ensembles urbains s’attachent également à améliorer l’expérience utilisateur, en tentant de réduire les nombreux points de blocage et de ralentissement que connaissent les voyageurs. Premier d’entre eux, l’enregistrement des bagages. Ceux-ci seront demain déposés dans des points automatisés, répartis dans tout l’aéroport. Le voyageur pourra alors s’enregistrer depuis son smartphone, ou avec une commande vocale depuis une borne intelligente. 

Pour se rendre à son terminal ou à sa porte d’embarquement, des systèmes de guidage personnel voient le jour pour aiguiller les visiteurs perdus. C’est d’ailleurs déjà le cas à l’aéroport de Copenhague, où une application smartphone guide chaque utilisateur selon l’itinéraire le plus rapide et le plus facile, de n’importe quel point de l’aéroport jusqu’à sa porte d’embarquement. 

Enfin, pour les voyageurs moins pressés, le shopping dans les zones de détaxe offrira également de nouveaux services, comme la livraison des produits achetés directement dans l’avion, à la maison ou sur le lieu de villégiature.

 Des contrôles plus rapides et plus sécurisés

Le contrôle de l’identité et des bagages est, dans le contexte international de l’après 11 septembre, l’un des enjeux les plus compliqués à résoudre. Pour l’immense majorité des voyageurs qui n’ont rien à se reprocher, ce moment doit être rapide. Ainsi, il doit conserver un haut degré de sécurité, via des supports physiques (cartes et passeports) toujours moins falsifiables, mais surtout chercher du côté de la technologie et des machines des solutions pour gagner en fluidité et en efficacité. 

Les documents d’identité biométriques permettent déjà, à l’aide d’un scanner NFC, ou d’un téléphone portable, de récupérer les éléments inscrits dans leur puce du passeport pour authentifier l’identité de manière quasi-certaine. Mais la technologie ne s’arrête pas là, et des logiciels de reconnaissance faciale peuvent être utilisés pour faire de la détection automatisée de personnes suspectes. 

Enfin, côté bagages, en lieu et place des parfois laborieux contrôles aux rayons X, de nouvelles solutions apparaissent. Les scanners corporels lasers moléculaires, à présent autorisés par le Département de la sécurité intérieure des États-Unis, sont 10 millions de fois plus rapides que les scanners conventionnels et sont capables de vérifier nos bagages en une fraction de secondes, à une distance de 50 mètres. 

L’enjeu sécuritaire est aujourd’hui tel que le contrôle des hommes et des marchandises sera toujours plus présent dans les aéroports. Dans le même temps, ces nouveaux lieux de vie, tellement fréquentés, s’inscrivent dans une obligation de service permanente. Dans un contexte de pression concurrentielle grandissante, les aéroports gagnants seront ceux qui auront su utiliser la technologie pour équilibrer au mieux cette équation entre service et sécurité.