Autrefois, lorsqu’ils étaient encore dominants sur le marché, les feature phones donnaient un peu plus de latitude aux constructeurs pour proposer des concepts sortants des sentiers battus. L’âge d’or de ces feature phones a vu se côtoyer trois form factors bien distincts : les candy bar, les sliders et les clapets. Aujourd’hui, un fabricant souhaitant lancer un téléphone doté de spécifications techniques trop particulières, comme un écran rond par exemple, serait confronté à deux problématiques. La première est que les systèmes d’exploitations existants, indispensables au bon fonctionnement de tout smartphone et généralement développés par des sociétés tierces tel que l’Android de Google ou le Firefox OS de Mozilla, n’auraient tout simplement pas été prévus pour fonctionner dans cette configuration. Par ailleurs, les applications, devenues très importantes au fil des ans aux yeux des consommateurs, ne seraient pas toutes compatibles car les développeurs n’auront pas pris en compte cette spécificité.  

Aussi, il devient très rare de croiser des modèles tels que les Bang & Olufsen Serene, Golden Buddha Phone, Toshiba G450 ou le surprenant Elfoid, un mobile à forme humaine qui n’a jamais dépassé le stade du concept. Toutefois, quelques fabricants essaient encore de s’aventurer hors des sentiers battus. Voici notre revue de détail de ces smartphones qui sortent de l’ordinaire.  

Monohm – Runcible

À tout seigneur, tout honneur. Le Runcible de Monohm remporte sans coup férir la palme du smartphone le plus interloquant de ces dernières années. Sa forme ronde interpelle immédiatement le regard. Les surprises continuent avec la coque arrière, entièrement constituée de bois. L’ensemble tourne sous Firefox OS. Au-delà du design, son fabricant veut y attacher une certaine conception de la vie puisque l’appareil est dépourvu d’écouteur. Il faut donc impérativement un kit mains libres pour l’utiliser. Le but avoué de la manœuvre est de forcer l’utilisateur à garder son attention sur le monde et les gens qui l’entourent. Tout un programme.

Google – Projet Ara

Dans les cartons depuis plusieurs années maintenant, le concept du smartphone modulaire est devenu réalité cette année grâce au projet Ara de Google. Sous ce nom se cache un véritable téléphone portable en pièce détachée. Sauf qu’ici, pas besoin d’avoir des connaissances poussées en électronique pour changer les pièces. Ces dernières sont des blocs prêts à l’emploi, qu’il suffit d’acheter et de monter ensemble pour disposer d’un smartphone complet. Par la suite, il est donc possible d’améliorer telle ou telle caractéristique, ou encore de remplacer facilement un bloc défectueux. Plusieurs industriels se sont déjà joints au projet, parmi lesquels Yezz (qui a présenté ses premiers blocs lors du dernier Mobile World Congress), Toshiba, SolidEnergy, Nvidia, etc. L’autre point de ce projet, c’est de permettre une extrême personnalisation des téléphones. Non seulement en terme de caractéristiques et de look, mais aussi de fonctionnalités, puisqu’on compte déjà des prototypes de blocs pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang… ou encore les radiations.  

Kyocera – Solar Phone

Cela fait maintenant plusieurs années que la société française SunPartner a mis au point une solution unique en son genre : un film solaire pour téléphone et tablette baptisé Wysips Crystal, qui offre la particularité d’être à la fois ultra fin et très malléable. Il s’adapte donc de manière invisible sur la plupart des surfaces souples. Ce qui permet de le placer sur un écran de smartphone ou de tablette et de le rendre compatible avec la recharge solaire, sans que cela ait le moindre impact sur le design ou l’épaisseur de l’appareil. Pourtant, il a fallu de longues années avant de voir enfin la technologie de SunPartner arriver enfin dans un smartphone. Le Kyocera Solar Phone en l’occurrence. Il s’agit d’un modèle étanche et renforcé pour une utilisation en extérieur. La recharge solaire s’y montre donc particulièrement pertinente. Ce smartphone embarquant Wysips Crystal n’est sans doute que le premier d’une longue liste.  

Yota Devices – YotaPhone 2

Côté pile, le YotaPhone 2 est un smartphone très classique. Mais côté face, il révèle une caractéristique unique : un deuxième écran e-ink. Avec cet afficheur que l’on trouve habituellement dans les liseuses électroniques, toujours actif et très peu énergivore, ce second écran permet à son utilisateur de lire les contenus en provenance de plusieurs applications, comme les réseaux sociaux ou les actualités, sans mettre à mal son autonomie.  

Motorola – Moto X et Moto Maker

Lorsqu’il a lancé son Moto X en 2013, Motorola a su marquer les esprits. Pourtant, le smartphone en lui-même profitait de caractéristiques très correctes, mais en rien révolutionnaires. Ce qui a permis à l’appareil de sortir du lot, c’est plutôt Moto Maker, son système de personnalisation du design. Certes, cela ne change au final que le look. Mais avec des centaines de combinaisons disponibles, avec notamment des matériaux nobles tels que le cuir ou le bambou, le service Moto Maker offre un niveau de personnalisation jamais vu. Et qui se trouve toujours sans équivalent deux ans après son lancement. Depuis, le constructeur l’a reconduit pour la nouvelle version du Moto X.  

Samsung – Galaxy S6 Edge et Galaxy Note 4 Edge

Les écrans flexibles sont dans l’air du temps depuis deux ans déjà. Les premiers modèles porteurs d’une telle technologie, à savoir les Samsung Galaxy Round et LG G Flex, avaient pour seul but de permettre aux constructeurs de tester le marché. Samsung a ensuite changé d’approche à l’heure de dévoiler son Galaxy Note 4 Edge fin 2014. Cet appareil inaugurait en effet un écran courbé sur un seul côté avec de nouvelles fonctions à la clé pour utiliser cet espace d’affichage supplémentaire. Mais ce Note 4 Edge n’était qu’un galop d’essai pour le chef d’œuvre qui allait suivre : le Galaxy S6 Edge. Avec les deux bords d’écran courbés, ce dernier a réussi à surprendre la planète entière, en parvenant à casser des codes de design vieux de plus d’une décennie pour les smartphones. Rien que pour ça, il fera date. Mais c’est loin d’être son seul atout, car il partage pour le reste tous les points forts du Galaxy S6 classique. Il se trouve donc pourvu du meilleur écran à date, ainsi que du capteur photo le plus performant jamais croisé dans un téléphone portable.