L’innovation dans le secteur humanitaire a d’abord porté sur la manière dont les associations organisent leurs campagnes de dons. Dans un secteur fortement concurrentiel, ces campagnes sont essentielles pour récupérer auprès d’acteurs privés (individus, entreprises, fondations, etc.) les moyens d’assurer leur fonctionnement et d’augmenter leur capacité d’action.

 

Les associations ont ainsi mis en place depuis 15 ans, avec la démocratisation d’Internet, des stratégies toujours plus innovantes, afin d’émerger, d’attirer et de fidéliser de nouveaux donateurs.

« Un des enjeux, c’est notamment de créer sur les sites des espaces donateurs dédiés ultra performants avec un double objectif : faciliter et sécuriser le don en ligne mais aussi mettre en place des outils numériques visant à fidéliser les donateurs. Nous mettons par exemple en place des simulateurs de don permettant de connaître immédiatement le montant après déduction d’impôts, des systèmes pour donner tous les mois, tous les trimestres, des campagnes de web-marketing aussi ciblées que dans le secteur marchand »

… explique Matthieu Delemme, président d’Ecedi, une des agences web spécialisées dans le don en ligne et précurseur en la matière.

 

L’innovation ne concerne pas seulement le don en ligne, mais également la manière dont les associations travaillent, s’organisent, agissent auprès des populations qu’elles veulent aider. Ainsi, le programme MasterCard Aid Network est une solution clef-en-main offerte aux ONG, les aidant à fiabiliser et à mieux organiser la distribution de biens et de nourriture. Des cartes à puces sont ainsi distribuées auprès des populations locales, leur permettant d’accéder à une quantité établie à l’avance (inscrite dans la puce) de biens matériels, de nourriture ou de médicaments. Les détenteurs n’ont alors qu’à se rendre chez les marchands collaborant au programme et équipés d’un terminal, sur lequel ils vont choisir les biens qu’ils souhaitent récupérer. La transaction (non financière) est ensuite validée par un code PIN. OT, partenaire privilégié de MasterCard, contribue à ce projet avec ses cartes à puce, déployées pour les premiers pilotes depuis 2015.

 

Le cabinet de consulting Deloitte a de son côté mis en place un programme d’innovation humanitaire, pour aider les acteurs du secteur à être plus efficace, dans l’ensemble des métiers qu’ils doivent maîtriser : logistique, gestion de crise, organisation, communication, analyse des données, etc. Derrière cette initiative émerge l’idée que les associations humanitaires doivent être gérées comme toute entreprise et doivent tirer le meilleur des nouvelles technologies. Dernier exemple, Visa et NetHope (un consortium de plus de 40 organisations humanitaires) se sont associés pour développer le Visa Innovation Grants Program, visant à aider à moderniser et mieux organiser les transferts d’argent, et notamment à développer le paiement électronique, plus sûr et plus facile à gérer que le cash lors de grandes opérations humanitaires. Lors des grandes inondations au Pakistan en 2010, Visa et le gouvernement ont ainsi organisé la distribution de cartes prépayées à destination de 2,5 millions de familles dans le besoin, leur permettant de subvenir plus rapidement à leurs besoins les plus urgents.

 

 

Paiement électronique, internet, téléphonie mobile… Les nouvelles technologies ne cessent de transformer le monde et l’action humanitaire n’échappe pas aux révolutions technologiques. En facilitant une meilleure diffusion de l’information, ces technologies disposent d’un haut potentiel dans l’amélioration de l’efficacité de l’aide. Concernant les réseaux sociaux, devenus des outils à part entière du secteur, ils permettent aux organismes humanitaires de prendre connaissance des actualités en temps réel et de procéder ainsi à une veille informationnelle. Les communautés sont alors positionnées au cœur de l’action de façon proactive, et non plus seulement comme des bénéficiaires de l’aide. En donnant la parole aux populations en crise, ces technologies sont autant d’opportunités pour affiner la réponse humanitaire, afin de l’ajuster au mieux aux besoins du terrain et assurer le succès des interventions.