Mode d’emploi

Le principal avantage de cette technologie est de pouvoir stabiliser un appareil photo à très basse altitude. Contrairement à l’ULM ou l’hélicoptère, le drone permet de s’approcher à quelques mètres du sujet à photographier. Côté vidéo, il est capable de réaliser des travellings stables et fluides dans les trois dimensions.

En premier lieu, le photographe expérimenté doit trouver un endroit dégagé, sans arbre ni végétation pour gêner la trajectoire de l’appareil. De nombreux photographes utilisent par exemple Google Maps afin de repérer les meilleurs spots et estimer quels sont les meilleurs moments de la journée pour photographier le lieu. Après avoir établi son plan de vol, il est souvent indispensable de faire quelques vols de reconnaissance avant de parvenir à réussir son cliché.

Il faut ensuite être à deux pour réaliser de beaux clichés par drone. Tout d’abord, un pilote expérimenté qui contrôle la machine et possède une homologation pour avoir le droit de faire voler son drone. Le deuxième opérateur est le cadreur qui contrôle l’image grâce à un retour vidéo en temps réel, au sol, sur un écran de contrôle ou des lunettes vidéo. Le cadreur dirige l’objectif généralement placé sur une nacelle, qui permet d’orienter l’objectif à 360°. La réussite de l’opération repose donc sur un bon entrainement et une bonne synchronisation des deux opérateurs.

Photographie à (haut) risque

Paradoxalement, cet âge d’or de la photographie aérienne par drones touche bientôt à sa fin. Beaucoup de photographes ont profité du flou juridique entourant ce domaine pour multiplier en quelques mois les reportages photos à travers le monde. Mais le cadre réglementaire autour de l’utilisation des drones est en plein développement. La réglementation n’est pas la même selon la région du monde où l’on se trouve. Par exemple en France, la règlementation impose de voler avec une machine homologuée de moins de 2kg en ville ainsi qu’une autorisation préfectorale délivrée sous deux à trois semaines pour chaque vol.

Autre risque à l’utilisation d’un drone en photographie, le coût en cas de crash ! Avec un coût d’équipement allant de 2 000 à 10 000 euros, une erreur de pilotage et le photographe risque la catastrophe… En avril 2015, le photographe australien Ryan Chatfield a failli en faire l’expérience. En pleine prise de vue d’un coucher de soleil sur une plage de Perth, la batterie de son drone a lâché. Après un sprint impressionnant sur les 100 mètres qui le séparaient de son appareil, Chatfield a réussi à sauver in extremis son drone de la noyade. La vidéo de l’évènement filmée par le drone compte aujourd’hui plus de 2 millions de vues sur Youtube :

Face à ces contraintes juridiques mais également techniques, certains photographes ont fait le choix de revenir vers un dispositif plus traditionnel et économique : le cerf-volant ! Comme un drone, le cerf-volant peut être équipé d’un appareil photo léger et perfectionné pour une prise de vue automatisée à intervalle régulier. Les plus équipés disposent même d’une nacelle et d’un retour vidéo. Ne nécessitant aucune autorisation de vol préalable (jusqu’à 150 mètres d’altitude) et permettant d’oublier les problèmes de batterie, ils pourraient concurrencer les drones ou du moins compléter leur utilisation grâce à leur souplesse d’utilisation en basse altitude. En cas de météo agitée par exemple, mieux vaut laisser au sol son drone fragile et coûteux et sortir son cerf-volant capable de voler dès 8km/h et jusqu’à 70 km/h !

Mais les possibilités d’application du drone restent nombreuses (télésurveillance, cartographie, publicité, etc.) et se développent sans cesse… laissant présager que les drones ne sont pas prêts de quitter notre espace aérien !