Pour favoriser la mobilité des utilisateurs, l’objectif des opérateurs et des sociétés de transport est de supprimer ou de réduire tous les instants d’attente et de ralentissement, entre le point de départ du voyageur et son arrivée. La robotique et l’automatisation apportent des réponses à ces problématiques car elles permettent de gagner en rapidité, en fluidité et donc en mobilité.

Prenons un cas de transport typique, celui d’une personne voulant se rendre sur son lieu de travail. Les points de ralentissement liés à l’usage d’un réseau de transport en commun sont potentiellement nombreux. En premier lieu, l’achat et l’oblitération des tickets constituent de premières sources d’attente et de queue au guichet, ralentissant l’accès au réseau.

Ces opérations peuvent désormais s’effectuer à 100% depuis son smartphone, en situation de mobilité. C’est par exemple ce qu’a mis en place OT pour l’opérateur mobile thaïlandais AIS, avec la carte SIM NFC mPay Rabbit. Présente dans le smartphone, elle a été conçue pour émuler et remplacer la carte à puce habituellement intégrée aux cartes de transport sans contact. Les informations personnelles de l’usager sont embarquées dans la puce, et l’on peut, depuis une application, recharger son abonnement ou acheter des tickets à l’unité de façon sécurisée et mobile. Le voyageur peut ainsi éviter l’étape billetterie automatique, et accéder au réseau de transport sans point de ralentissement. 

Automatisation des véhicules et des infrastructures

Autre aspect engendrant de potentielles perturbations sur les réseaux de transport, la circulation des engins de transport quels qu’ils soient : bus, métro, etc. L’automatisation des lignes permet en effet de gagner en fréquence, en fiabilité et en régularité. Si la robotisation des lignes de métro fait déjà partie du quotidien de millions de voyageurs (1 ligne sur 3 est aujourd’hui automatisée), le défi de demain consiste à déployer des solutions sans chauffeur sur la chaussée.

Les expérimentations dans ce domaine sont nombreuses, notamment en Europe. Testée en France et en Suisse, la navette Navia, véhicule robotisé électrique et sans chauffeur, permet de transporter en centre-ville jusqu’à 8 personnes à la vitesse maximale de 20 km/h. Equipée de télémètres laser et de capteurs latéraux, elle analyse la trajectoire et les obstacles à éviter en temps réel, pour amener ses passagers sans encombre à destination tout en limitant la pollution atmosphérique.

Des dispositifs conçus pour l’instant comme des compléments aux transports en commun traditionnels, et destinés à être utilisés sur des périmètres limités, tels que des aéroports, des centres de congrès, des centres-villes piétonniers, etc.

Mais le transport en commun de demain, ce n’est pas seulement la robotisation de la fonction conduite. Les questions de maintenance font également partie intégrante des problématiques de robotisation. Ainsi de la capacité des bus de communiquer en cas de problème technique directement avec le garage via une carte SIM intégrée, pour prévenir les pannes, transmettre des informations sur l’usure des pièces ou effectuer automatiquement la recharge des batteries.

La question de l’autonomie en énergie des moyens de locomotion est un dernier axe de recherche. Des chercheurs de l’école polytechnique de Lausanne ont ainsi mis au point une solution pour recharger les batteries des bus électriques ultra rapidement. Les batteries placées sur le bus sont connectées à chaque arrêt de bus à un bras robotisé qui recharge les batteries pendant 15 secondes, le temps de laisser les usagers monter et descendre du bus. La charge apportée permet ainsi au bus de poursuivre son trajet jusqu’à la station suivante et de fournir un service de transport en totale autonomie.

Combinées, toutes ces solutions préfigurent le transport en commun du futur, tel qu’imaginé dans les films et romans de science fiction : des moyens de transport autonomes, fonctionnant en permanence et entièrement robotisés…