Si le sans contact évoque aujourd’hui au grand public le paiement mobile et ses dernières évolutions, il s’impose pourtant également dans un tout autre domaine : celui des transports notamment via l’usage de cartes physiques. Une pratique qui a commencé dans les années 2000. D’ailleurs, quasiment partout, les systèmes de transport passent au sans contact. En revanche, la philosophie qui tourne autour de ces usages diffère selon les zones géographiques.

Autour du monde

Les Etats-Unis, par exemple, tendent plutôt vers un système d’open payment. Le média retenu, qu’il s’agisse d’un mobile, d’une montre, d’une carte, etc. aura principalement des fonctions de paiement et fera donc office de porte-monnaie électronique. Il faut dire que les États-Unis ont une relation assez particulière avec le transport public, du fait de leur histoire et de leur urbanisation. En effet, en dehors des grandes villes, les transports en commun sont plutôt réservés à ceux qui n’ont pas les moyens de se payer une voiture. Dans les mégalopoles américaines, le sans contact 
est principalement perçu comme un moyen de fluidifier le trafic. Plusieurs villes, comme Chicago, mettent en place des solutions simultanément avec et sans contact, comme la Ventra Card. Cette dernière tient lieu à la fois de porte-monnaie électronique et de carte de transport sans contact.

En Europe, la donne est différente. Les États
 du Vieux Continent cherchent plutôt à mettre
 en place un système de carte / média citoyen, 
qui servira pour plusieurs activités urbaines, comme les transports, mais également l’accès aux cantines scolaires, aux bibliothèques, etc. La tendance est donc d’utiliser la carte de transport pour offrir d’autres services aux citoyens.


Avec un Smartphone, des applications viennent s’ajouter au service dématérialisé et apportent de vrais plus, comme la gestion de son compte, de ses abonnements, l’achat de tickets, le paiement du stationnement, etc. Pour tous ces pays hautement industrialisés, l’enjeu du sans contact est aussi l’occasion d’améliorer l’intermodalité entre les différents opérateurs de transports.

En Asie, le modèle est encore différent. Le porte-monnaie électronique y est généralement offert par des entités privées, qui sont (entre autres) opérateurs de transport. Il peut prendre 
la forme de cartes ou être intégré directement dans les Smartphones. Il est couplé avec de nombreuses offres de couponing pour inciter les gens à privilégier les enseignes partenaires. Cela représente des marchés de plusieurs milliards 
de dollars et les états asiatiques donnent à ces entités privées une grande latitude d’action. Une telle stratégie se révèle particulièrement payante pour les populations non bancarisées, comme aux Philippines par exemple où 80% des gens n’ont pas de compte bancaire. Les sociétés qui émettent des porte-monnaie électroniques ont trouvé là un moyen parfait pour capter une partie du cash en circulation, via des commissions récupérées par le biais du couponing.

Enfin, en Amérique du Sud, la problématique est plus basique. La principale préoccupation de ces pays reste l’amélioration des énormes flux de voyageurs. À São Paulo au Brésil, on doit par exemple se soucier d’acheminer cinq millions de personnes dans les transports tous les jours. La problématique y est donc de fluidifier ce trafic, tout en tentant de minimiser les fraudes et en veillant particulièrement sur les coûts de déploiement de toute nouvelle technologie.

Des bénéfices tangibles

Quel que soit le continent, on constate qu’avec 
le Smartphone, les opérateurs de transports parviennent à collecter et centraliser des informations qui s’avèrent au final très utiles pour l’utilisateur final. Le big data permet ici de mieux modéliser les flux de transports, des voitures, etc., et surtout de les anticiper. On peut imaginer d’ici cinq à dix ans un scénario où un utilisateur trouve la route embouteillée en partant de chez lui. Un service lui propose alors de se garer, avec une réduction sur un parking avoisinant, et de se diriger vers un transport en commun.

Ou encore de l’informer des places de stationnement libre une fois qu’il approche de sa destination. Les bienfaits de tels services seront immédiatement perçus par les populations. Dans une ville comme Paris par exemple,
 les embouteillages sont pour partie provoqués parce que 10% des voitures en circulation cherchent une place. Ce genre de solutions pourrait y remédier partiellement. Et il ne s’agit pas de science-fiction, toutes les technologies pour y parvenir sont d’ores et déjà homologuées et commercialisées. Encore faut-il qu’il y ait une réelle volonté politique de les déployer.