Du World Wide Web au World Wide Wear, il n’y aura qu’un pas. Des lunettes aux semelles en passant par les bagues, les bracelets, les pulls ou encore les bonnets, les industriels ont décidé de connecter également beaucoup des vêtements et des accessoires portés par les utilisateurs au quotidien. Si certains ont un usage plutôt ludique, d’autres sont de véritables outils pour améliorer le confort et la santé de leurs utilisateurs.

Si les fabricants se pressent pour proposer des « wearables », c’est parce que différentes études récentes les ont convaincus de leur fort potentiel. Parmi les objets connectés, il s’agit même du segment avec le plus de potentiel à court terme. L’institut d’études IDC estime que 19 millions d’objets de ce type seront vendus dès 2015. Voici un aperçu de la créativité dont font déjà preuve les industriels, pour parer chaque partie du corps d’une connectivité et de nouvelles fonctions évoluées.  

La tête

Google a lancé un projet de lentille de contact connectée, qui pourra notamment mesurer la glycémie de son porteur. Sur le marché des lunettes connectées, bon nombre de fabricants se sont lancés à l’image d’Optinvent et de ses ORA sous Android. Enfin, des produits déjà existants comme les oreillettes Bluetooth savent aussi s’adapter à la tendance du moment. À l’image de la Jabra Pulse ou du Parrot Zik Sport, capables de mesurer plusieurs données biométriques comme le pouls.

Le torse

Il existe actuellement de nombreux projets de t-shirts et pulls connectés. Mais ce segment affiche un retard évident par rapport à d’autres comme les bracelets. Il ne devrait prendre son envol qu’à partir de 2016, avec l’apparition de nouveaux matériaux baptisés e-textiles. Ils permettront notamment à un vêtement de changer de couleur en fonction des émotions de son porteur, de mesurer le rythme cardiaque, le nombre de calories brûlées, de climatiser ou réchauffer certaines parties du corps, de libérer de la crème pour hydrater la peau si elle est sèche, etc.

La société Citizen Sciences propose d’ores et déjà de son côté un t-shirt capable de suivre l’activité physique de son porteur, notamment pour gérer au mieux l’effort ou pour prévenir tout risque cardiovasculaire. Des fonctions identiques au vêtement biométrique intelligent OMsignal. Quant à la veste T.Jacket, elle affiche un usage plus frivole puisqu’elle permet en effet de prodiguer un câlin sur commande. Ledit câlin est déclenché à distance par un être cher par exemple, ou par le biais d’interactions sur les réseaux sociaux. Un « wearable » qui peut donc laisser dubitatif, contrairement à la petite pompe connectée de Cellnovo. Cette dernière promet de changer la vie des diabétiques en mesurant leur niveau d’insuline, ainsi que leur activité physique. Une application permet même aux médecins d’avoir accès aux données de leurs patients.  

Les mains

Le poignet est incontestablement l’une des parties les plus convoitées du corps des utilisateurs dans le domaine des objets connectés « wearable ». Les montres et les bracelets sont le segment le plus mûr. D’Apple à Samsung en passant par Sony, Huawei, Microsoft et bien d’autres, un grand nombre de fabricants d’objets High-Tech propose déjà des produits dans cette catégorie. À moyen terme, les montres et les bracelets connectés devraient fusionner puisque les premières citées intègrent toutes les fonctions des seconds. Néanmoins, les propositions haut de gamme émanant d’acteurs comme Jawbone ou FitBit pourraient perdurer.

Quant aux montres connectées, elles se déclinent déjà dans une grande variété de formats, allant des modèles fidèles à une esthétique classique comme les Withings Activité aux véritables ordinateurs de poignet comme la Samsung Gear S ou les montres sous Android Wear. D’autres fabricants comme Netatmo explorent des pistes un peu différentes puisque le bracelet June permet à son porteur de mesurer son exposition au soleil. Quant à Logbat Firm, il propose un anneau connecté qui laisse la possibilité de contrôler avec des mouvements du doigt d’autres objets, les chaines de télévision, etc. Mais le grand public attend surtout la sortie en avril de l’Apple Watch, montre connectée constituant une véritable extension de l’iPhone. A terme, la montre pourra fonctionner indépendamment avec par exemple la possibilité de contrôler son véhicule.  

Les pieds

Bien avant que les objets connectés ne deviennent populaires, Nike annonçait dès  2012 qu’il travaillait sur des baskets dotées d’une connectivité : les Nike+ Training. Elles permettent par exemple de reproduire au plus près l’entrainement de champion comme Nadal. Plus récemment, la société française Digisole a fait parler d’elle en commercialisant une semelle assez révolutionnaire. Connectée en Bluetooth, elle se glisse dans une paire de chaussures classique et laisse la possibilité de contrôler un thermostat miniaturisé qui régule la température désirée par l’utilisateur. Elle offre aussi le suivi d’informations comme la distance parcourue ou les calories brûlées.